Confiance, voilà le secret !

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(C'est avec ces mots pleins d'espérance que l'abbé Michel Fortin intitula cette homélie,
prononcée à l'occasion des jours de Congrégation que nous avons vécus à la Maison Mère.) 
Ce n’est pas la première fois que je m’adresse à vous dans le cadre du lancement de votre année pastorale. Aujourd’hui encore, je le fais avec toute la richesse de ma foi, de mon espérance et aussi de mon expérience pastorale qui compte 35 ans.
 
Si vous vous souvenez les années précédentes, j’ai toujours tablé sur la foi, l’amour, l’abandon et l’espérance. Ce sont d’ailleurs des piliers pour qui se veut à la suite du Christ. Et la puissance de l’Esprit fait le reste. D’ailleurs, l’apôtre Paul adresse à Timothée cette invitation dans la première Parole de Dieu entendue en le mettant en garde contre les richesses matérielles qui sont éphémères (1Tm 6, 2-12).
 
Voilà, je viens de tout vous dire et je pourrais m’arrêter ici. Mais, je poursuis ma réflexion pour mieux ancrer ma conviction et vous la faire partager.
 
Depuis 105 ans, vous êtes dans la lignée de ces femmes dont fait mention l’évangile d’aujourd’hui qui accompagnaient Jésus en l’aidant de leurs ressources (Lc 8, 1-3). Il faut croire que ces ressources ne sont pas que matérielles mais aussi humaines et spirituelles. Cela vous ressemble, je crois. Dans ces domaines, je ne doute pas un seul instant que vous ayez fait votre part et le faites encore aujourd’hui. Je suis témoin de cela. Mais je vais plus loin que l’évangile de ce jour.
 
Comme par les années passées, vous essayez de prévoir l’avenir de votre communauté. C’est une préoccupation bien humaine que je comprends puisqu’elle me rejoint dans ma vie de tous les jours et plus particulièrement en vieillissant et que la maladie fait son oeuvre en moi.
 
En se référant à Jésus, dans l’évangile, Jean-Paul II avait prononcé ces mots célèbres lors de son élection : “N’ayez pas peur”. Et nous savons qu’il n’a pas eu peur en considérant les conséquences connues et heureuses de sa confiance dans le Seigneur.
 
Vous savez, la confiance ne se cultive que dans l’abandon au Seigneur au fil des jours. Par conséquent, elle ne se vit pas du jour au lendemain. Cela demande un lâcher-prise pour consentir à des surprises inattendues de la part de notre Dieu de l’impossible.
 
La base de la confiance, c’est de se savoir aimé du Seigneur par-dessus tout et de croire qu’il ne nous abandonnera jamais quoi qu’il arrive. Cela implique de passer par des chemins inattendus comme lui d’ailleurs. L’acceptation de passer par un chemin inattendu, si difficile qu’il fut, a été l’aurore d’une vie nouvelle dont nous sommes bénéficiaires.
 
Je voudrais rappeler le récit de la tempête apaisée que nous connaissons bien d’ailleurs (Mc 4, 35-41). Un soir, après une journée de travail intense, Jésus monte dans une barque et demande à ses apôtres de passer sur l’autre rive du lac. Mort de fatigue, il s’endort à l’arrière de la barque. Soudain se lève une grande tempête. Les vagues viennent se jeter dans la barque qui se remplit. Très inquiets, les apôtres réveillent Jésus en criant : “Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ?” Réveillé, Jésus ordonne à la mer de se calmer : “Silence, tais-toi !” Le vent tomba, et il se fit un grand calme. Jésus leur dit : “Pourquoi avoir peur ?  Comment se fait-il que vous n’ayez pas la foi?”

Essayons de comprendre le message pour nous aujourd’hui. La traversée de la mer de Galilée, c’est la traversée de la vie. La mer représente votre communauté religieuse qui s’interroge sur son avenir et les aménagements nécessaires à mettre en place pour affronter ce défi. La mer représente aussi nos coeurs qui sont comme des petites mers mais dans lesquelles peuvent se déclencher soudainement de grandes tempêtes. Dans de tels moments, à quoi pouvons-nous nous rattacher, de quel côté pouvons-nous jeter l’ancre? Jésus ne nous donne pas de recette magique pour éviter toutes les tempêtes qui surviennent dans votre communauté ou dans nos coeurs. Il n’a pas promis de nous épargner toutes les difficultés. Il nous a en revanche promis la force pour les surmonter, si nous la lui demandons.

La confiance, voilà le secret ! Ce jour-là, c’est parce que les apôtres avaient pris Jésus avec eux dans la barque, avant de commencer la traversée, que ceux-ci ont été sauvés. Ceci est la meilleure garantie contre les tempêtes de la vie. Avoir Jésus avec nous.
 
Lorsque votre fondateur, l’abbé DeLamarre, a fondé cette communauté à laquelle vous appartenez, une difficulté ou une tempête se pointait à l’horizon : celle d’obtenir du soutien pour l’oeuvre du séminaire. Parce qu’il avait Jésus dans la barque de sa vie, il a été capable de la surmonter en osant fonder votre communauté.
 
Depuis 105 ans de fondation, vos mères co-fondatrices, vos devancières ainsi que vous-mêmes avez pris Jésus aussi dans votre barque. Vous êtes confrontées depuis quelques années à cette difficulté d’aménager l’avenir. Cela est une tempête à surmonter.
 
Je ne puis que vous redire que la confiance est le secret. Et que le Seigneur vous accompagne dans cette démarche. Même s’il semble dormir à l’arrière de la barque en ce temps de difficulté, il est avec vous. Cela ne dispense pas de prendre vos responsabilités en se disant que le Seigneur va tout régler. Non! En même temps que vous lui faites confiance et prenez les décisions qui s’imposent, il vous accompagne. Quant à la tempête, il s’en occupe. En conséquence, la confiance, la sérénité et le calme sont de mise.
 
Autrefois, lorsque les marins affrontaient la tempête, ils avaient l’habitude de jeter de l’huile sur les flots pour les calmer. Vous, aujourd’hui, vous avez à jeter l’huile de la confiance sur les flots de l’avenir. Consentez à cela et le Dieu des surprises, comme j’en faisais mention l’année dernière en ce même temps, sera au rendez-vous.
 
La mort et la résurrection de Jésus n’est pas seulement pour la fin de notre vie. Elle s’affirme dans le quotidien par notre offrande et service à la suite du Christ-Prêtre. Cette Eucharistie que nous célébrons maintenant nous le rappelle.  Amen.
 
Michel Fortin, prêtre

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