Les armoiries



L'écu en losange indique une congrégation de femmes.
Il est timbré au chiffre marial couronné, posé sur une croix fleurdelisée
et entouré de grappes de raisins et d'épis de froment, le tout symbolisant
le nom de la Congrégation, le but poursuivi par les Soeurs Antoniennes
de Marie
et l'esprit qui les anime.



Notre blason

Si parfois, dans l’épreuve ou la chaleur du jour,
Je sens, vers l’idéal, mes ardeurs appauvries,
Pour rallumer en moi le feu d’un grand amour
J’écoute dans mon cœur l’appel des armoiries.

Voix claire qui commande et dont le timbre est pur,
Voix divine dont rien ne rappelle la terre,
Voix qui dit la beauté du sacrifice obscur
À l’unisson de la victime salutaire.

Quand je m’unis, fervente au drame de l’autel,
Quand je me perds dans la mystérieuse hostie,
Je suis, ô joie, je suis le froment immortel
Dont la Rédemption des hommes est sortie.

Et, tandis que mon Dieu se donne tout entier
Pour vivre en moi qui suis son Tabernacle indigne,
Je sais qu’Il y descend pour me purifier
Par le Sang de son cœur et le vin de sa vigne.

Tremblante, je regarde et mes yeux sur la Croix
Cherchent le sens caché de cette paix profonde
Où je respire et, sans effort, soudain je crois
Que mon bonheur est fruit de cette mort féconde.

Un jour, le Christ a dit en voyant le Semeur
Jeter au vent l’espoir de sa moisson future :
« Si le grain de froment ne s’enfonce et ne meurt
« Sous le linceul dont l’hiver couvre la nature,
« Il restera sans gloire en sa stérilité;
« Mais qu’il s’anéantisse et, demain, son écorce
« Ouverte, nourrira de sa fragilité
« Les blés mûrs qui feront le pain de notre force ».

Ainsi, j’ai dit adieu sans crainte et sans regret
À l’égoïste amour que poursuit la jeunesse;
Mais, depuis, dilaté, mon cœur est toujours prêt
À s’immoler afin que de sa mort renaisse
Une sainte moisson de prêtres généreux,
Car chaque fois qu’ils offriront le sacrifice
Moi qui prie et qui peine et qui souffre pour eux,
Je sais bien que j’ai part au sang de leur calice.


Autour de cet autel où vit l’Agneau Divin
Silencieusement se consument les cierges.
Moi-même, dont aucun sacrifice n’est vain,
Je suis l’encens très pur qui monte des cœurs vierges.
Tous ces cœurs emportés sur la route du ciel
Par la Reine sans tache et qui lui font cortège
Palpitent nuit et jour de l’amour essentiel
Qui rachète le monde impur et le protège.

La Terre ne sait point dans quelle liberté
S’épanouit pour nous l’auguste servitude
De nos vœux, avant-goût de l’immortalité
Dont elle est la promesse et déjà le prélude.
Mais moi qui n’ai plus rien, je sais de quel trésor
Dieu récompensera ma suprême indigence
Et je ne voudrais pas changer mon humble sort
Contre le vide affreux de l’humaine opulence.
Servir Dieu c’est régner; c’est défier le temps,
C’est étancher enfin la soif inassouvie
Et s’établir au sein de l’éternel printemps
Qu’arrose à flots pressés la fontaine de vie.

Aussi, malgré les ans, les orages, la nuit
Qui couvrent notre front de leurs funèbres voiles,
Lisant mon idéal sur ce blason qui luit,
Je garde le sourire éternel des étoiles.

Polyeucte Guissard, a.a.

 


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